4 000 euros : c’est la moyenne qui dort sur les comptes courants français. Pourtant, la plupart des banques ne recommandent de garder sous la main que l’équivalent d’un à deux mois de dépenses. Le reste, lui, stagne, sans rien rapporter, et parfois, il finit même par coûter cher.
Dans certains établissements, dépasser un certain seuil peut entraîner des pénalités. Ailleurs, aucun message d’alerte ne prévient d’un excédent devenu inutile. Mais une gestion fine de sa trésorerie permet d’éviter ces pièges et de valoriser chaque euro en trop.
Pourquoi il ne faut pas laisser tout son argent sur un compte courant
Le compte courant attire pour sa disponibilité : en deux clics, l’argent file d’un paiement à l’autre. Mais il ne travaille pas pour vous. Pas d’intérêts, pas de rendement : l’inflation grignote peu à peu la valeur de votre épargne immobile. Année après année, ce capital perd du terrain, sans que votre banque ne compense la moindre fraction de cette perte.
La sécurité du compte courant reste toute relative. En cas de défaillance bancaire, le FGDR ne protège que jusqu’à 100 000 euros par établissement et par titulaire. Au-delà, le surplus n’a aucune garantie. Et ce n’est pas de la science-fiction : certains épargnants ont déjà vu le plafond du fonds de garantie mis à l’épreuve. En France, la moyenne détenue par les ménages oscille entre 14 000 et 18 000 euros sur leur compte courant, parfois bien plus pour ceux qui centralisent plusieurs flux.
Laisser dormir trop d’argent sur un compte courant, c’est aussi courir un risque accru de fraude bancaire. Plus le solde grimpe, plus il attire les convoitises des cybercriminels. Même si la banque indemnise souvent les victimes, le parcours pour récupérer ses fonds peut s’avérer long et stressant.
Voici les principaux points à garder en tête lorsqu’on laisse des sommes importantes sur un compte courant :
- Inflation : l’argent non placé se déprécie au fil du temps
- Absence de rémunération : aucun intérêt n’est généré
- Risque de fraude bancaire : un solde élevé attire les escrocs
- Garantie FGDR limitée : la couverture s’arrête à 100 000 euros par banque
En pratique, mieux vaut limiter le montant sur son compte courant au nécessaire pour les dépenses courantes et transférer le reste vers des placements adaptés à ses besoins et à sa situation.
Combien d’argent garder sur son compte courant : repères et conseils pour bien gérer
Déterminer le solde optimal sur son compte courant revient à trouver l’équilibre : assurer la disponibilité immédiate sans sacrifier le rendement. Les spécialistes du patrimoine conseillent généralement de conserver l’équivalent de 1 à 3 mois de dépenses. Ce matelas absorbe les prélèvements, les paiements imprévus, sans voir apparaître la menace du découvert et des frais associés. Pour un travailleur indépendant ou un foyer dont les revenus varient, une réserve couvrant jusqu’à 6 mois de charges fixes apporte un supplément de tranquillité.
Le calcul se fait à partir du salaire net et des charges mensuelles incontournables, loyer, alimentation, factures, abonnements. On ajuste ensuite, selon sa capacité à gérer l’imprévu et la marge offerte par le découvert autorisé. Un compte trop garni expose à l’érosion et à l’inaction de l’argent, trop maigre, il rime avec tension financière et opérations rejetées.
Pour vous aider à y voir plus clair, voici quelques repères utiles à garder à l’esprit :
- 1 à 3 mois de dépenses courantes : un juste milieu entre sécurité et performance pour la plupart des ménages
- Jusqu’à 6 mois : pour ceux qui préfèrent une marge de sécurité renforcée ou qui connaissent des variations de revenus
- Intégrer le découvert autorisé : il offre une marge de manœuvre sans immobiliser davantage de liquidités
Pas besoin de laisser dormir 10 000 ou 15 000 euros si vos sorties mensuelles plafonnent à 2 500 euros. Dès que ce seuil de sécurité est atteint, il est temps de réfléchir à d’autres solutions pour faire fructifier l’excédent.
Des solutions concrètes pour placer intelligemment le surplus de votre compte bancaire
Pour placer l’excédent du compte courant, commencez par les livrets réglementés. Le Livret A (plafonné à 22 950 euros, 1,7 % en 2025), le LDDS (12 000 euros, même taux) et le LEP (10 000 euros, 2,7 % en 2025) offrent à la fois une liquidité intégrale, la garantie de l’État et une exonération fiscale. Ils servent de base solide pour gérer sa trésorerie.
Une fois ces plafonds atteints, d’autres options prennent le relais. L’assurance vie, via son fonds en euros (environ 2,5 % en 2024), allie sécurité du capital et diversification. Après huit ans, la fiscalité devient attractive. Pour les profils plus dynamiques, les unités de compte (actions, obligations, immobilier papier) ouvrent la porte à un potentiel de rendement supérieur.
Vous souhaitez aller plus loin ? Diversifiez avec des SCPI, OPCI ou SIIC pour l’immobilier, ou encore le private equity. Ces supports offrent une rentabilité potentielle plus élevée et permettent de ne pas dépendre uniquement des marchés financiers. Les investisseurs en quête de performance peuvent aussi se tourner vers le compte-titres ou le PEA, en gardant à l’esprit la volatilité propre à ces placements.
Pour piloter l’ensemble, l’accompagnement d’un conseiller en gestion de patrimoine ou d’un conseiller bancaire reste précieux. Ils sauront répartir vos liquidités entre sécurité, rendement et diversification, tout en tenant compte de votre horizon d’investissement et de votre tolérance au risque.
En ajustant régulièrement le solde de votre compte courant et en donnant à chaque euro une mission précise, vous reprenez la main sur votre épargne. L’argent n’est plus un poids mort : il devient un allié, prêt à servir vos projets et à résister à l’usure du temps.


